Véronique Massonneau: «Ne soyons pas dupes» de ce que cache la volonté de criminaliser la GPA

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Véronique Massonneau: «Ne soyons pas dupes» de ce que cache la volonté de criminaliser la GPA

Message par SweetAngel le Dim 7 Déc 2014 - 14:56

La députée EELV Véronique Massonneau a voulu comprendre pourquoi l'opposition s'acharne contre la GPA et la PMA, et surtout pourquoi maintenant.



L’Assemblée nationale a repoussé jeudi 4 décembre la proposition de loi de Jean Leonetti visant à punir d’un an de prison les parents ayant eu recours à une gestation pour autrui (GPA). Au cours du débat qui a conduit à l’adoption d’une motion de rejet préalable, Véronique Massonneau, députée EELV, s’est interrogée sur ce qui a motivé le dépôt de ce texte.

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«Il n’existe aucun projet gouvernemental visant à reconnaître la gestation pour autrui, a-t-elle commencé par rappeler. Le Président de la République a réaffirmé qu’au cours de son mandat, il n’en serait rien; aucune étude, aucune statistique n’indique une quelconque augmentation du recours à la GPA. Et pourtant, une partie de la classe politique a choisi de faire de ce phénomène social, dont l’acronyme était inconnu de nos concitoyens il y a quelques mois encore, un sujet central, justifiant des manifestations de rue et, aujourd’hui, le dépôt d’une proposition de loi.

«Revenons quelques années en arrière: en 2008, une pétition nationale en faveur de la GPA recueillait des milliers de signatures, dont celles d’élus de tous bords, parmi lesquels certains collègues siégeant actuellement sur les bancs de la gauche. La même année, une mission d’information parlementaire menée par trois sénateurs – une socialiste, un UMP et un centriste – se penchait sur la question. Évoquant une pratique vieille comme le monde, rappelant l’épisode de la Bible où Sarah, stérile, demande à Abraham de lui donner un enfant grâce à une servante, constatant les difficultés juridiques et les problèmes éthiques liés au respect de la femme soulevés par les GPA pratiquées à l’étranger, nos collègues jugeaient dans leur rapport “préférable d’encadrer [la GPA] par la loi en France”. S’agissait-il des divagations de quelques sénateurs en mal de publicité ou gagnés par la prétendue “idéologie consumériste post-soixante-huitarde”? Il faut croire que non, puisqu’en 2010, le groupe socialiste au Sénat déposait une proposition de loi visant à autoriser la GPA. S’agissait-il cette fois de l’expression d’une minorité issue de la “gauche bien-pensante”? Non plus, puisque des sénateurs UMP indiquèrent qu’ils soutiendraient cette proposition. Mme Morano a déclaré en avril 2009: “Je me suis clairement exprimée lorsque j’étais députée et membre de la mission parlementaire sur le droit de l’enfant et de la famille: je suis favorable à la légalisation de la gestation pour autrui, très encadrée, dans une démarche altruiste et non marchande”.

«Comment donc expliquer que la pratique de la GPA, qui soulève des questions éthiques et sociales ne pouvant accepter de réponses abruptes ou simplistes, soit devenue un tel tabou? Comment expliquer qu’aujourd’hui, la majorité des grandes familles politiques de notre pays la considèrent par principe comme inacceptable et que vous ressentiez le besoin de déposer cette proposition de loi?

«Mes chers collègues, ne soyons pas dupes; les propositions de légalisation ou d’encadrement de la GPA formulées, y compris à droite, avant la loi sur le mariage pour tous avaient un point commun: se fondant sur les règles alors en vigueur en matière de mariage et d’adoption, elles concernaient exclusivement des couples hétérosexuels. C’est parce que le mariage pour tous a reconnu les familles homoparentales que la question est devenue scandaleuse pour une frange de l’opinion – à laquelle vous emboîtez le pas.

«Les questions que vous feignez de soulever pour en faire des objections absolues, voire des préalables à toute discussion sur la GPA, sont, encore une fois, de vraies questions, qui mériteraient discussion. Mais qu’il s’agisse de la marchandisation, du droit des femmes ou du droit de l’enfant à connaître ses origines, toutes ces questions se posaient déjà hier !

«Du reste, la présente proposition de loi ne peut pas ne pas être mise en relation avec d’autres, elles aussi déposées par des membres du groupe de l’UMP; je pense en particulier à la proposition de loi de notre collègue Fasquelle, qui ne propose rien de moins que d’enlever du mariage, pour les couples de même sexe, toute référence à la filiation et de criminaliser les PMA réalisées à l’étranger par des couples de femmes.

«Ce qui motive ces propositions, ce n’est pas la GPA ni la PMA – procréation médicale assistée – en soi, ni même le droit des enfants à voir reconnues leurs origines biologiques – ces questions se posent tout autant dans les familles hétéroparentales.
«Non, ce qui motive ces propositions, c’est le refus de reconnaître la réalité des familles homoparentales!

«(…) Ouvrons la porte, non pas à la légalisation de la GPA, mais au débat sur la GPA – car c’est aussi à cela que doivent servir les parlementaires. Or ce que vous nous proposez aujourd’hui, c’est de claquer la porte au débat, tout en sachant pertinemment que cela ne changera rien à la réalité.»
Merci à Benoit pour l’info.

Publié par Judith Silberfeld

Source : http://yagg.com/2014/12/06/veronique-massonneau-gpa-ne-soyons-pas-dupes/


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